Village de Breil vers 1850 ?

Les biographes de Carrick indiquent qu’il est passé par la Riviera française vers 1859-1860, comme nombre de ses compatriotes assez aisés. On lui connait des tableaux représentant Nice et les environs de Cannes, datés de cette période.

A son retour en Angleterre, il a dit avoir été charmé par les paysages hivernaux cléments de la région.

Carrick s’était spécialisé dans les paysages à l’huile sur toile, des petits formats, à la figuration très détaillée, et aux lumières flatteuses. Les littoraux britanniques y sont très présents, et il n’est pas surprenant que la Riviera française ait figuré dans son œuvre. Sa production a répondu à une certaine demande anglaise de son époque.

En 1872, puis pendant les années 1880, il a vendu des vues de la future « Côte d’Azur », La Napoule, Nice, Villefranche, Eze, Monaco, ainsi que Breil et une représentation dramatisée des gorges de la Roya, toutes des petits formats (rarement plus de 30 cm de long), où il magnifie la luminosité de la Riviera.

Rien, dans les documents aisément disponibles, n’atteste ou n’infirme un autre voyage dans la région pendant cette seconde période de peintures la figurant. A cette même époque, il réalise également des toiles représentant les côtes anglaises. Plusieurs toiles de Villefranche et Monaco (1883-1884) montrent qu’il pouvait décliner à l’huile, différentes versions d’une même vue. On peut imaginer qu’il utilisait des images antérieures, saisies au dessin et/ou à l’aquarelle.

La comparaison de différentes représentations connues du village de Breil au XIXe siècle, avec le tableau de Carrick, laisse penser que ce tableau a été réalisé à partir de croquis antérieurs à son séjour connu dans la région.

Carrick représente la berge du village avant la construction de la digue de 1854. On y les canaux, et les arbres entre les immeubles à l’arrière du mur rempart, tels qu’on les voit, sous un autre angle, sur la toile communale de 1848. Il a modifié le lointain enneigé, et le clocher de l’église (1843) avec une licence d’artiste.

La toile de Carrick laisse penser qu’il a disposé d’une vue de Breil antérieure à sa visite documentée, vraisemblablement peinte vers 1850, et qu’il l’aurait magnifiée, peut-être en la combinant avec ses propres dessins et aquarelles?

DOCUMENT JOINT : Comparatif du tableau de Carrick et de vues du villages au XIXe siècle.

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